Apprentis et Présidents : le dialogue

Publié le 23.02.16

Après la présentation du plan pour l’emploi et la formation par le Président de la République, qui mise notamment sur la relance de l’apprentissage, François Asselin, président de la CGPME, accompagné du Président National d’AGEFA PME Bernard CAPRON, est allé à la rencontre de six apprentis en formation dans l’un des établissements membres du réseau AGEFA PME.

Exigence, fierté, indépendance… autant de termes laudatifs qui ont émaillé les propos de ces jeunes pour décrire leur expérience de l’apprentissage.

Tous sont titulaires du baccalauréat, mais aucun n’a envisagé les études dites « classiques » comme un tremplin d’avenir. Trop théorique, pas assez concret. « Apprendre sur le tas et s’insérer dans la vie professionnelle tout en continuant à étudier », c’est plutôt comme ça qu’ils voient les choses. Après une orientation ou une réorientation dans un centre de formation en alternance (CFA), ils font le point sur les avantages de cette voie d’apprentissage, dont le développement se heurte encore à certains obstacles.

Un niveau d’exigence élevé

Bac S en poche, Laura réalise que son rêve… est de restaurer les instruments à vent. Soutenue par ses parents, elle décide de se réorienter et passe un CAP, puis un Brevet des Métiers d’Art (BMA) en facture instrumentale, option instruments à vents, dispensé uniquement en alternance à l’Itemm, établissement membre du réseau AGEFA PME. Pendant deux ans, elle alterne donc deux semaines de cours, où elle se familiarise avec son futur environnement professionnel (gestion et connaissance du marché, anglais professionnel, étude de construction…), et quatre semaines en entreprise, où elle apprend à fabriquer hautbois, trombones et autres flûtes traversières. Une approche dont elle ne voit que des avantages :

« C’est une formation solide en entreprise et une insertion dans le monde du travail ».

Un sentiment que partage Raphaël. Lui aussi a choisi de se réorienter après un Bac technologique dont il ne voyait pas les débouchés professionnels. A 22 ans, il est déjà responsable du pôle boulangerie de l’entreprise dans laquelle il est en formation au CFA La Noue (établissement membre du réseau AGEFA PME), près de Dijon. Une ascension fulgurante qu’il doit à l’exigence de son maître d’apprentissage, à laquelle il a parfaitement su répondre.

« L’expérience a été dure mais extrêmement formatrice », juge aujourd’hui le jeune homme.

Des jeunes apprentis du réseau AGEFA PME et le Président ASSELIN de la CGPME

 

Un pari pour l’entreprise

A l’exigence, le maître d’apprentissage doit allier patience et pédagogie pour accompagner ces novices. Car transmettre un savoir-faire demande du temps, plus encore que de l’argent.

« Pour une petite entreprise de moins de 11 salariés, cela ne coûte presque rien d’avoir un apprenti. En revanche, cela prend du temps, sinon c’est l’échec », souligne François Asselin.

Le Président de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises sait de quoi il parle, lui qui accueille entre 10 et 14 contrats en alternance dans l’entreprise familiale qu’il a reprise.

« On est désormais très sélectif dans le recrutement des apprentis. Car on essaye de les amener le plus haut possible ».

Et les résultats sont à la hauteur de l’investissement.

Ce pari que fait l’entreprise en formant un apprenti, Louis en a parfaitement conscience.

« L’entreprise ne sait pas si l’apprenti va être sérieux, s’il va se porter pâle au moindre bobo. Or, elle doit continuer à tourner et à répondre aux attentes de ses clients »

explique avec beaucoup de maturité ce futur couvreur en formation au CFA Compagnons du Tour de France – AGEFA PME Ile de France qui a découvert sa voie après un passage à l’université.

« C’est un métier dur, mais que j’ai choisi. Je voulais quelque chose de concret », raconte-t-il.

L’indépendance financière et l’émancipation vis-à-vis de ses parents ont également été moteurs dans son choix.

Des jeunes apprentis du réseau AGEFA PME et le Président ASSELIN de la CGPME

L’apprentissage, une formation rarement proposée

Très bien perçu par leur entourage, le choix de suivre une formation professionnelle en alternance suscite souvent l’envie, disent ces apprentis. « Nos amis voient que nous sommes épanouis », confirme Thibaud, en formation depuis six mois au CFA AGEFA PME Lorraine – UFA Enstib (établissement membre du réseau AGEFA PME) comme dessinateur-concepteur dans une entreprise de bois et mobilier. « Et ils envient notre autonomie financière, eux qui n’ont pas de projet professionnel », ajoute Bastien, qui a choisi de suivre une licence Management et Conduite de Travaux au CFA AGEFA PME Ile-de-France ESTP Paris (établissement membre du réseau AGEFA PME) et de se former dans une grande entreprise. Kévin, apprenti au CIFA PME Bergerac (établissement membre du réseau AGEFA PME) en tant que responsable centre de profit et Business Unit, abonde :

« C’est une vraie fierté d’être en apprentissage, car on travaille en étant responsabilisé, et ça nous offre une certaine autonomie que beaucoup nous envient. »

Si les jeunes portent un regard positif sur l’apprentissage, il n’en est pas toujours de même des adultes, déplore François Asselin, qui aimerait « lever les barrières » qui existent entre le monde de l’éducation et celui de l’entreprise, et « multiplier les échanges ». Un souhait auquel souscrivent les jeunes apprentis, eux qui n’ont jamais entendu parler de la formation en alternance au cours de leurs études.

« Il faut en parler davantage au lycée, voire dès le collège, que le corps enseignant s’implique et que l’apprentissage ne soit pas proposé simplement aux élèves en difficulté », plaident-ils.

Sensibiliser les entreprises est un autre levier qu’AGEFA PME actionne au quotidien pour développer l’apprentissage et changer la vision que certains dirigeants peuvent en avoir. Enfin, il faudrait faciliter la recherche d’un employeur par l’apprenti, qui reste encore parfois complexe.

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